André Marty (1886-1956), figure communiste reconnue pour son rôle dans la mutinerie de la mer Noire – sur les navires de guerre français envoyés pour combattre la Révolution russe en 1919 –, député du Front populaire et secrétaire du Komintern, est choisi en octobre 1936 pour diriger les Brigades internationales en Espagne. Son expérience militaire, sa connaissance du pays et sa présence à Madrid expliquent cette nomination, même s’il n’est pas à l’origine du projet. Envoyé à Albacete, principal centre de formation des volontaires étrangers, il prend rapidement la tête de l’organisation sans disposer d’un mandat officiel tout à fait défini.
Entre octobre 1936 et avril 1937, les Brigades internationales bénéficient d’une large autonomie par rapport aux autorités républicaines espagnoles et aux conseillers soviétiques. André Marty exerce une influence très importante, bien qu’il soit théoriquement contrôlé par deux représentants soviétiques.
Cependant, dès décembre 1936, les Brigades connaissent un nombre important de désertions et de départs de volontaires déçus par la dure réalité de la guerre et les défaites subies. L’autoritarisme de Marty, son comportement jugé arbitraire ainsi que les rumeurs permanentes qui règnent à Albacete alimentent un climat de mécontentement. Face à cette situation, Maurice Thorez se rend en Espagne en janvier 1937, et il rédige un rapport très sévère sur la gestion des Brigades et sur la manière dont Marty les dirige. Les critiques sont confirmées par les responsables communistes espagnols, qui refusent de poursuivre leur collaboration avec lui. Convoqué à Moscou en mars 1937 pour rendre des comptes, André Marty n’est finalement pas reconduit à son poste. Il reste en Union soviétique tandis que François Billoux assure son remplacement à Albacete.
En savoir plus :
- Exposition réalisée en 2016 par le Centre d’histoire sociale des mondes contemporains (CHS) qui conserve de nombreux documents issus des archives personnelles d’André Marty.
- Paul Boulland, Claude Pennetier, Rossana Vaccaro (dir.), André Marty : l’homme, l’affaire, l’archive, Codhos Editions, 2005.