Plus d’un an et demi. C’est au moins un an et demi d’heures d’enseignement qui ont été perdues pour économiser des postes d’enseignants, du fait de plusieurs mesures. Depuis 1969, en primaire (maternelle + élémentaire), les enfants avaient 27h de classes par semaine, soit 4 journées (6h) plus le samedi matin (3h). Après une première suppression d’une heure (un samedi sur trois) dans les années 1980, en 2009, le temps d’enseignement a été réduit à 24h par Xavier Darcos et Nicolas Sarkozy. Cette perte de 3h hebdomadaire pendant 32 semaines sur 8 ans équivaut au nombre d’heures d’une année scolaire. Cette suppression a servi à faire accepter la suppression des postes de RASED (réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté), les gels du point d’indice, etc. Au collège, en 2015, la réforme de Najat Vallaud-Belkacem a supprimé des heures d’enseignement des disciplines, équivalent à 0,5 an sur l’ensemble des quatre niveaux du collège. Elles ont été remplacées par des contenus incertains : soutien en classe entière, enseignements interdisciplinaires qui n’auraient du sens qu’en plus des disciplines et pas à la place.
À ces heures perdues par les élèves de toutes les origines sociales, il faut ajouter des heures spoliées aux élèves des familles populaires. En effet, la suppression massive des classes de «toute petite section de maternelle », accueillant les enfants dès l’âge de deux ans, qui étaient surtout implantées en zones d’éducation prioritaires (ZEP), a entraîné une perte équivalente à un an de scolarité. Selon la Cour des comptes, un autre an de moins est encore constaté en raison des heures de professeurs absents non remplacées dans ces mêmes ZEP. Par ailleurs, la réforme de Najat Vallaud-Belkacem a également entrainé des heures perdues, car elle a supprimé la possibilité d’avoir des emplois du temps en collège ZEP avec des « heures plafond », c’est-à-dire de pouvoir faire davantage que le minimum horaire prévu (heures « plancher ») dans l’objectif de renforcer le temps d’enseignement à ceux qui en ont le plus besoin.
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